L’expression par le biais de la BD connaît les affres de la censure, dans trois domaines : le sexe, le blasphème et la satire politique...
| J. Englebert et B. Michaux, « La bande dessinée et la liberté d’expression, y compris par rapport aux droits des tiers », |
| in Bande dessinée et droit d'auteur – Stripverhalen en auteursrecht, E. Cornu (dir.), Larcier, 2009, 268 p. |
Cette contribution commune à B. Michaux et J. Englebert est divisée en deux parties. La première, rédigée par J. Englebert, est consacrée la liberté d’expression dans la bande-dessinée face à la morale, la religion et la politique.
L’expression par le biais de la BD connaît les affres de la censure lato sensu, dans trois domaines : le sexe, le blasphème et la satire politique.
Dans le domaine du sexe, la BD ne se démarque pas des autres arts « illustrés » : les juges se croient encore compétents pour départager le bon goût du vulgaire (l’érotisme de la pornographie). Ce qui pose nécessairement problème au regard de la liberté d’expression.
Le blasphème met en scène le conflit entre la liberté d’expression et un prétendu « droit à une jouissance paisible des convictions religieuses » qui ne devrait pas exister. Certainement pas dans les systèmes juridiques qui ne réprimandent pas pénalement le blasphème. Mais plus fondamentalement, la répression même du blasphème pose, en soi, problème au regard de la liberté d’expression.
Dans le domaine de la satire politique, là aussi la BD répond des mêmes droits et responsabilités que l’ensemble du discours politique, tout en bénéficiant, en théorie, d’une plus grande latitude en raison des « lois du genre » propres à l’humour, caractère que l’on a associé très fréquemment à la BD.
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