« L’information » avait été inventée de toute pièce par un autre journaliste de La Meuse, pour venger son frère qui était l’ex-petit ami de l’infirmière injustement mise en cause, avec lequel celle-ci avait récemment rompu.
La Meuse publie, en mai 2014, un article sous la signature de S. Duparque, qui accuse une infirmière du CHR de Namur de photographier le sexe de ses patients en salle de réveil et de montrer ces photos à ses collègues mais aussi à des amis lors de soirées.
Le nom de l’infirmière n’est pas donné, mais assez de détails sont fournis pour qu’elle puisse être reconnue par ses collègues, mais surtout par sa direction qui la menace immédiatement d’un licenciement pour faute grave.
A l’issue de multiples procédures, d’abord devant le Conseil de déontologie journalistique (CDJ), ensuite au pénal et enfin devant le tribunal de première instance de Namur, il a été démontré que toute cette affaire était cousue de fil blanc et relevait d’un ignoble stratagème mis en place par le frère de l’ex-petit ami de l’infirmière, avec lequel celle-ci avait rompu quelques semaines avant la publication de l’article, en vue de la punir d’avoir rompu.
Le frère, lui-même journaliste à Sud Presse, avait inventé « l’affaire » et l’avait proposée à une de ses collègues, en lui donnant le nom et le numéro de téléphone de deux « sources » qui avaient prétendument été témoins des faits et qui pourraient les lui confirmer.
Sans réaliser le moindre travail de vérification, la journaliste s’est contentée de contacter ces deux (prétendues) sources, qui ont confirmé les dires du frère de l’ex-petit ami.
Le tribunal de première instance de Namur n’a pas été dupe des arguments soulevés pour la journaliste et a constaté qu’elle avait été de mauvaise foi, qu’elle n’avait pas respecté sa déontologie et surtout qu’elle n’avait procédé à aucune vérification journalistique d’une information qui présentait pourtant, objectivement, beaucoup de zones d’ombre.
Outre les 5.000 € de dommages et intérêts, le tribunal a ordonné la publication intégrale du jugement dans La Meuse, ce qui a été fait.
La journaliste a acquiescé au jugement. Sud Presse a licencié le frère de l’ex-petit ami.
Ci-joint, le jugement du tribunal de Namur, l’avis du CDJ et l’article litigieux publié dans La Meuse.