Racisme, blasphème et liberté d’expression

27 avril 2016

Trois notions qui ne font pas nécessairement bon ménage. Surtout par les temps qui courent. Ce sont ces trois notions qui sont au centre du colloque organisé le jeudi 28 avril 2016 à la Fondation universitaire à Bruxelles par la revue juridique « Auteurs & Media ». Dans une interview accordée à L’Echo, Jacques Englebert développe quelques idées sur le sujet, en guise d'introduction.

Entre liberté d’expression et répression des paroles offensantes, que choisir ?

Par principe, je suis opposé à la pénalisation de l’expression. Car si nos sociétés démocratiques ne parviennent pas à combattre certains discours autrement qu’en les pénalisant, on ne va pas résoudre le problème. On risque au contraire de créer des martyrs. Comment la quenelle est-elle apparue? Tout simplement en réaction à l’interdiction du salut hitlérien. Ce qui prouve que la solution, ce n’est pas la répression, mais l’éducation des masses.

Quand le ministre de l’Intérieur Jan Jambon affirme que les musulmans ont fêté les attentats de Bruxelles, est-il passible de poursuites judiciaires ?

En s’exprimant ainsi, le ministre stigmatise les musulmans de façon générale par des propos de nature à susciter la haine contre cette communauté. À partir de ce moment-là, cela pourrait faire l’objet de poursuites. De la même façon d’ailleurs que le leader de Charia4Belgium Fouad Belkacem avait été condamné à 18 mois de prison fermes pour avoir posté sur YouTube des vidéos où il menaçait explicitement l’ensemble des chrétiens.

Lire la suite dans : L'Echo, 27 avril 2016, interview réalisée par Jean-Paul Bombaerts